Le dernier monarque absolu d’Afrique


Le roi Mswati III danse devant les imbali, accompagné de ses guerriers, pendant la danse des roseaux. (Photo Matthieu Gorisse-Mondoloni)Ce pays a été arraché aux Anglais en 1968 par le grand roi Sobhuza II, intronisé en 1921 et décédé en 1982. Malin et calculateur, c’est lui qui a « inventé » l’Umhlanga en 1931 avec l’aide d’ethnologues pour s’assurer un soutien croissant dans la population. N’y voyant qu’une « coutume locale » de plus, les Anglais n’ont pas réalisé qu’elle constituait, avec l’Incwala pour les hommes, deux actes de fidélité annuels envers le roi. Au moment de l’indépendance, le soutien de la population envers le roi était total et il n’a eu aucun mal à balayer la constitution qu’avaient tenté d’imposer les Anglais à leur départ.

Son fils Mswati III n’est pas de la même trempe. Il se dit qu’il est « bien moins intelligent » que son père. Et surtout, beaucoup plus dépensier. Là où Sobhuza s’astreignait à mener une vie simple, Mswati multiplie les palais (un par femme, soit déjà 13 ou 14…) et ambitionne de faire acheter un jet au pays, via son gouvernement. Le soutien de la population à la monarchie a été acquis par son père, il s’érode sous Mswati. Les Swazis critiques envers le régime n’ont pas de mots assez durs contre Mswati tandis que ceux qui restent attachés à la monarchie préfèrent rapidement changer de sujet.

Reste que la monarchie repose sur deux piliers très solides : la terre et l’argent. Mswati III, via la fondation Tibiyo chargé du « développement culturel » du pays, dispose de fonds aussi importants qu’opaques, directement liés aux exportations de sucre. Et dans les campagnes, chaque Swazi peut aller voir son chef et demander une parcelle de terre royale. Il lui en coûtera 2500 emalangenis (250 €) pour un terrain suffisamment grand pour accueillir sa maison et son champ… Une garantie que le modèle occidental est loin de pouvoir offrir et ça, les Swazis le savent pertinemment.

Voici une vidéo prise dimanche lors de l’Umhlanga, au moment où le roi décide d’aller danser avec les filles…

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  1. #1 by ficelle on 3 septembre 2009 - 17 h 30 min

    Super photo!

  2. #2 by Matthieu on 3 septembre 2009 - 18 h 30 min

    Merci la miss! ;-)

  3. #3 by tibofb on 4 septembre 2009 - 9 h 08 min

    IL n'y a aucun système d'assemblée parlementaire ? Même consultative ?

  4. #4 by vounette on 4 septembre 2009 - 9 h 55 min

    Au fait, le roi a-t-il choisi une nouvelle épouse cette année ? Si j'ai bien compris, c'est la finalité de la danse des roseaux.

  5. #5 by Pierre on 4 septembre 2009 - 10 h 29 min

    @Tibofb: si il y a un Sénat, les sénateurs ont d'ailleurs un rang très élevé. Cependant, sur 65 membres, seuls 55 sont élus et les partis d'opposition sont interdits… Donc bon. Et puis de toutes façons, il fait comme il veut ensuite. On nous a raconté qu'un jour, ils ont viré le premier ministre en lui annonçant sa démission au micro lors d'un rassemblement où il était présent. Il a dû rentrer à pied chez lui…

    @Vounette: on est à fond sur cette question mais pour l'instant rien. Il est d'usage que si nouvelle épouse il y a, la nouvelle soit annoncée dans les journaux les jours qui suivent l'Umhlanga.

  6. #6 by Barbarawagner on 21 octobre 2009 - 12 h 39 min

    Dans le cadre d'une collaboration avec un réalisateur polonais,je cherche des infos concernant la croyance de se séronegativiser en ayant des rapports sexuels non protégés avec des jeunes vierges en Afrique.Un camerounais à été condamné en Pologne en 2007 pour propagation du sida à destination d'une vingtaine de jeunes filles.Cette pratique criminelle ouvre débat et mérite l'attention de tous,ainsi que ses dérives à l'échelle mondiale.En effet la contamination volontaire du V.I.H.prend des proportions consternantes,une arme de guerre confinée au silence au nom de qui,de quoi?
    Merci de me contacter par mail ou au 0617936792.Barbara.

  7. #7 by Pierre on 21 octobre 2009 - 14 h 12 min

    @Barbara: le mieux pour vous serait de contacter une association qui lutte contre la propagation du Sida. Au Swaziland, nous avons rencontré l'ONG Swapol, Swaziland for positive living, http://www.swapol.net

(ne sera pas publié)