Ce pays a été arraché aux Anglais en 1968 par le grand roi Sobhuza II, intronisé en 1921 et décédé en 1982. Malin et calculateur, c’est lui qui a « inventé » l’Umhlanga en 1931 avec l’aide d’ethnologues pour s’assurer un soutien croissant dans la population. N’y voyant qu’une « coutume locale » de plus, les Anglais n’ont pas réalisé qu’elle constituait, avec l’Incwala pour les hommes, deux actes de fidélité annuels envers le roi. Au moment de l’indépendance, le soutien de la population envers le roi était total et il n’a eu aucun mal à balayer la constitution qu’avaient tenté d’imposer les Anglais à leur départ.
Son fils Mswati III n’est pas de la même trempe. Il se dit qu’il est « bien moins intelligent » que son père. Et surtout, beaucoup plus dépensier. Là où Sobhuza s’astreignait à mener une vie simple, Mswati multiplie les palais (un par femme, soit déjà 13 ou 14…) et ambitionne de faire acheter un jet au pays, via son gouvernement. Le soutien de la population à la monarchie a été acquis par son père, il s’érode sous Mswati. Les Swazis critiques envers le régime n’ont pas de mots assez durs contre Mswati tandis que ceux qui restent attachés à la monarchie préfèrent rapidement changer de sujet.
Reste que la monarchie repose sur deux piliers très solides : la terre et l’argent. Mswati III, via la fondation Tibiyo chargé du « développement culturel » du pays, dispose de fonds aussi importants qu’opaques, directement liés aux exportations de sucre. Et dans les campagnes, chaque Swazi peut aller voir son chef et demander une parcelle de terre royale. Il lui en coûtera 2500 emalangenis (250 €) pour un terrain suffisamment grand pour accueillir sa maison et son champ… Une garantie que le modèle occidental est loin de pouvoir offrir et ça, les Swazis le savent pertinemment.
Voici une vidéo prise dimanche lors de l’Umhlanga, au moment où le roi décide d’aller danser avec les filles…









